Une quatrième FIV synonyme de fin de parcours ?

J’ai hésité à reprendre le clavier, je reconnais que ces derniers mois toutes ces annonces positives sur le net m’ont mis un coup. Évidemment que rationnellement je me dis que heureusement que ça marche pour certaines d’entre nous car sinon il n’y aurait plus d’espoir. Mais irrationnellement je me demandais, pourquoi pas moi, après  4 ponctions et déjà 3 FIV.. Et si pour moi ça n’arrivait jamais. Bref tous les post parcourus, dans l’ombre me procuraient un sentiment d’ambivalence. Néanmoins j’ai continué à toutes vous lire, dans l’ombre. M’étant tellement nourri de tous vos posts, je souhaite malgré tout mettre par écrit cette dernière tentative.

Pour cette 4eme Fiv, plus envie de retranscrire un échec programmé je me projetais déjà vers le don à la rentrée. Finalement, en tout cas pour l’instant, ce n’aura pas été un échec. Cette petite intro pour vous éviter de continuer à lire le cas échéant.

Lors de mon séjour en Inde, j’avais débuté le blocage en vue de ma 4eme Fiv (5ème ponction) par des piqures quotidiennes de deca. Tout au long de cette 4eme FIV j’ai en parallèle assisté à la première réunion pour obtenir l’agrément en vue d’une adoption (réunion qui m’a plutôt bien découragée…), et commencé à contacter les cliniques en RT pour obtenir des informations sur le don d’ovocyte (merci à Psychota pour les infos fournies il y a quelques mois). J’ai aussi fait la demande de mon dossier médical à mon centre PMA.

Pour cette 4eme FIV j’ai effectué toutes les étapes de façon assez détachée et avec un état d’esprit plutôt négatif. Le blocage n’a pas fait effet, après 4 semaines de piqures quotidiennes et un kyste secrétant, on est passé à une injection de decapaptyl 3mg. Bref cela ne commençait déjà pas très bien. Après plus de 6 semaines de blocage, je suis enfin bloquée. On change de protocole, je teste le bemfola 350 unités. Premier contrôle à S8, des follicules mais un taux d’œstradiol à 170. Taux beaucoup trop bas, de mauvais souvenirs reviennent, je n’y crois déjà plus. Les fameuses statistiques que j’affectionne tant montrent qu’un taux d’œstradiol, inférieur à 500 à S8 constitue un mauvais pronostic pour le déroulé d’une FIV. Ma gynéco elle y croit (et ne prend pas trop en compte toutes ces fameuses stats) et on continue. Finalement à S13 oestradiol à 1700, 8 ovocytes de ponctionnés (meilleur score dans mon cas jamais atteint, en sortant du bloc je suis sur un nuage). Pour cette FIV de la dernière chance, on fait une IMSI, 6 ovocytes matures, 5 fécondés et 3 blastocystes « B expansé » sont obtenus. Les trois me seront transférés.

J’aurais pensé qu’après l’angoisse des deux semaines post transfert et des doublements de beta hcg dans la norme allaient me permettre de détresser et bien cela n’a pas été du tout le cas. Plus le temps a passé plus j’ai stressé. La fausse couche de ma deuxième fiv en est surement responsable en partie.

Alors pendant deux semaines j’ai stressé sur si oui ou non cette 4eme fiv allait être positive. J’ai analysé tous mes « pseudos » symptômes, fait des tests de grossesse maison à 11 et 12 DPO peu concluants. J’ai passé des heures à analyse des photos de tests urinaires de grossesse sur internet.. Une occupation des plus intelligentes. Pour celles qui malheureusement sont tentées par ce type d’occupation, A 6 jours post transfert d’un J5, test urinaire de supermarché effectué le soir, ligne très pale apparait. A 7 jours post transfert 3 heure du matin, deuxième test en me disant qu’avec les urines du matin j’aurais enfin clairement une deuxième ligne et bien… Ligne plus pale que le soir précédent. Désespoir, peur que ce soit les restes du déclenchement au decapaptyl même si ça fait déjà 13/14 jours. Peur de la grossesse biochimique.. J’arrête les tests maison et patiente à 10 jours post transfert soit 15 DPO pour faire la PDS. Et là taux à 281. Je n’en crois pas mes yeux et ne comprends pas comment 3 jours auparavant un test de grossesse urinaire avec seuil de détection à 25 unités, n’a quasiment rien donné.

La joie passé, je rentre dans l’obsession sur les taux de doublement de beta hcg, j’aime bien le nom donné que la blogosphère américaine de beta hell.

DPO 15 : 281

DPO 17 : 851 (doublement en 30 heures)

DPO 21 : 2698 (doublement en 57,7 heures)

Etant totalement hypocondriaque, les taux augmentent trop vite.. je découvre la grossesse molaire.. Maudit internet/doctissimo. Puis même si le doublement est dans la norme, la vitesse de doublement commence à fortement baisser. A nouveau je suis inquiète. Donc dernière PDS à DPO21, un samedi, lundi rdv pour une echo avec ma gynéco (DPO23 ou 5 semaines et 3 jours d’aménorrhée). Celle-ci voit un sac gestationnel et l’ébauche d’une vésicule vitelline mais ne me donne pas la taille, pour elle tout va bien on ne fait plus de prise de sang (malgré mon insistance) et on se revoit une semaine plus tard. Semaine interminable, par contre si j’arrive au stade d’un embryon avec activité cardiaque et bien ce sera la première fois que je serais allée aussi loin 😉 (en me relisant on a l’impression que je m’entraine pour un marathon). Je me remémore le mantra de Charlie, « l’échec n’est pas la norme » et bien après ce parcours pmesque, de façon irrationnelle je ne vois pas pourquoi ça marcherait. Je vois tout ce qui ne pourrait pas marcher mais j’ai du mal à me réjouir sur le chemin parcouru. Du mal à me projeter, l’impression d’être perpétuellement en apnée. Je suis très loin du début de grossesse heureuse tant fantasmé.

Arrive le jour de la deuxième echo, j’ai peur, je suis même terrorisée, je ferme les yeux et j’attends les mots fatidiques quand finalement ma gynécologue m’annonce que tout va bien embryon de 5,77mm avec fréquence cardiaque de 149 bpm. Je respire et maintenant prochain contrôle début septembre pour la fameuse echo du premier trimestre, une éternité.. Je m’étais promis d’arrêter de stresser si je passais ce cap. Et bien j’ai peur quotidiennement que son cœur se soit arrêté.. L’analyse de routine de début de grossesse montre une TSH un peu haute, j’ai spiralé et fait une quasi crise de panique.. Je n’imagine même pas la chute que serait une nouvelle fausse couche. Je suis terrorisée par une telle éventualité. La PMA m’a marqué bien plus que je ne l’aurais imaginé.

Ces peurs qui m’ont conduit à (re)consulter hier soir ma gyneco, m’ont valu un sérieux recadrage de sa part :

1.Ce stress decuplé alors que c’est enfin positif ce n’est plus possible

2.Si fausse couche il y a, dans les 3 premiers mois, on ne peut absolument rien faire donc essayer d’être heureuse et de profiter de ces moments que j’ai tant attendus

3.Si je continue comme ça cet état d’anxiété exacerbé risque d’influencé sur mon futur bebe mon embryon (je n’arrive absolument pas  me projeter plus loin que l’echo du premier trimestre, je ne veux pas parler d’inscription à ma maternité, je ne sais pas prononcer le enceinte, bébé…), je dois donc arrêter d’être aussi égoïste, et arrêter avec toutes ces obsessions hypocondriaques..

J’avoue ne pas avoir très bien pris ce recadrage en règle hier soir, cependant il s’avérait nécessaire. Je pars en vacances ce soir, plus d’examens médicaux ou autre analyse avant début septembre, je vais tacher de moins y penser et de reprendre une vie normale. En effet, c’est aberrant d’être plus malheureuse après ce positif que les mois précédents. Et je deviens aussi insupportable pour mon entourage. Et il faudra peut être que je pense à me faire aider à la rentrée si je n’arrive pas à prendre sur moi, ce bébé, si bébé il y a,  ne mérite pas une mère aussi névrosée.

A toutes les neuroniques, accro au stats, quelques liens intéressants (j’avais préparé cette liste avant le recadrage d’hier soir..)

  1. Calculateur Beta HCG (outil américain collaboratif) : recensement des différents taux ayant mené à une grossesse où un battement de cœur est détecté, médiane des taux ansi que repartition de ceux-ci, taux de doublement etc.. Super complet, n’hésitez pas à également ajouté vos stats.

http://www.betabase.info/

  1. Calculateur taille de l’embryon en fonction des jours de grossesse

https://www.enfant.com/grossesse/vie-in-utero/calculez-la-taille-de-votre-bebe.html

  1. Calculateur risque de fausse couche, en fonction de l’âge et de l’historique médical donne jour par jour la probabilité de faire une fausse couche/ou bien la probabilité de mener à bien la grossesse (le verre à moitié plein ou vide 😉

https://datayze.com/miscarriage-chart.php

  1. Pour finir un article qui m’a semblé très intéressant et complet sur pleins de statistiques différentes autour de la fausse couche

https://expectingscience.com/2015/08/26/lies-damned-lies-and-miscarriage-statistics/

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Séjour ayurvédique dans le Kerala et début de la Fiv 4

J’ai eu du mal à me remettre au clavier après la grossesse biochimique qui a clôturé m’a 3ème FIV. Pour me changer les idées, direction le Kerala en Inde pour une cure ayurvédique. Après avoir testé, depuis que j’ai découvert mon infertilité, l’ostéopathie, la sophrologie et l’acupuncture (sans grand résultat malheureusement), j’ai souhaité mêler vacances et « traitement » pour essayer de finir par infléchir cette maudite roue.

J’ai choisi une clinique, certifiée par le gouvernement kéraflais (Mitra Hermitage). C’était mon premier séjour en Inde, de plus j’allais l’effectuer seule donc j’avais j’appréhendais un peu. Le contact avec la clinique a été top dès le début avec la possibilité d’envoyer un chauffeur pour me chercher à l’aéroport à mon arrivée à 3h du matin, et un dernier point rassurant aucun acompte ou autre était demandé. Je paierais à la fin du traitement. J’ai atterri à Thiruvananthapuram, un mardi 24 avril à 3 heures du matin par un vol au départ de Lyon via Dubai. Un climat extrêmement moite et chaud et m’attendait mais surtout le chauffeur était bien là avec une pancarte à mon nom. Direction la clinique où une chambre très propre avec sa véranda et sa salle de bain m’attendaient et son ventilateur de plafond. La médecine ayurvédique déconseille le froid donc pas de piscine, ni clim ni d’eau fraiche. La clinique est située proche de la ville mais en « pleine jungle » donc le fond sonore avec tous ses bruits d’animaux est très apaisant. C’est une petite clinique avec 6 salles de soin, 8 chambres et 2 bungalows.

La cure à commencer dès le lendemain matin après quelques heures de sommeil difficile à trouver avec une température nocturne approchant les 30 degrés. A 9h un médecin a tambouriné à ma porte, c’est en pyjama qu’étonnée je lui ai ouverte pour qu’il prenne ma tension. J’allais découvrir par la suite que la cure serait rythmée par ce type de visite. Il m’a envoyé prendre mon petit déjeuner (servi de 7h à 9h). A 10h un premier massage à l’huile pour se remettre du voyagé était prévu avant de rencontrer le médecin en début d’après-midi pour la consultation permettant établit un diagnostic et traitement. Une masseuse est venue me chercher à 10h. J’ai commencé à comprendre que le concept de la cure était de totalement se laisser aller et tenter de n’avoir quasiment aucune préoccupation en tout cas d’ordre matériel. Donc tout est fait pour que le patient n’ait pas à réfléchir à ce qu’il doit faire (enfin en tout cas c’est comme ça que j’ai interprété cette prise en charge exceptionnelle). Direction un des salles de soins au bord d’un petit étang. Massage divin avec des litres et des litres d’huile pendant une heure trente. Une culotte en papier jetable est donnée. Après le massage on se fait laver par la masseuse, on retombe totalement en enfance c’est assez incroyable. Cheveux, corps on est assis et on se laisse faire. Divin. De 12h à 14h, déjeuner, tout est fait maison, végétarien bien sûr et chaque patient reçoit un menu défini par le médecin en accord avec son état. Les menus variés étaient extrêmement bons, par contre pas d’entrée ou de dessert mais un plat unique, et de l’eau chaude aromatisée comme boisson ou tisane (pas de thé, café ni d’alcool bien sur ;). Les repas étaient pris sur une terrasse couverte de type « roof top » dominant la jungle.  La consultation avec le médecin le premier jour va permettre définir le vata/pita/kapha de chaque patient bref établir son profil ayurvédique si on veut. Et à partir de là acter les déséquilibres et tenter de rééquilibrer ces 3 forces. Je leur ai bien indiqué que mon principale problème était l’infertilité liée à de l’endométriose. Suite à cette consultation avant chaque repas j’avais des médicaments à base herbe et de ghee à prendre et un menu spécifique. Deuxième soin l’après-midi, tisane et petits gâteaux servis devant la chambre à 17h puis diner à 19h.

J’ai eu le temps de dévaliser la petite bibliothèque de la clinique pas trop mal fournie, de lire, de m’ennuyer aussi, car à part les 2 soins d’heure trente et les repas pris en compagnie des quelques autres patients (deux cousine japonaises et une retraité française) il n’y avait pas grand-chose à faire.

Les soins étaient à base d’huile, normalement il est recommandé d’effectuer une cure de 3 semaine (cure panchakarma), pour mon cas j’ai opté pour une semaine me permettant de découvrir ce type de médecine (j’ai pu tester entre autre le shirodhara : filet d’huile chaude versé sur le front, le lavement des yeux et des sinus, des massages de différents type donc l’un avec des petits sacs de feuilles que l’on frappe sur le corps du patient, des massages à 4 mains etc.) .

N’étant absolument pas experte en médecine ayurvédique, ceci constitue uniquement mon témoignage après une semaine passée dans une clinique.

J’ai énormément apprécié de déconnecter de telle sorte, même si les premiers jours n’ont pas été si faciles, s’habituer à ne rien faire c’est pas si aisé !

En tout cas je recommande vivement ce type de séjour qui a également été synonyme pour moi du début de ma 4eme fiv. Dans mes bagages, un stock non négligeable de decapeptyl 0,1 pour débuter un nouveau blocage… Lire la suite

Worst in-law award ou le César de la pire belle mère

Ma belle mère est venue nous rendre visite quelques jours. Malheureusement hier, M. travaillant c’est moi qui ai du passer la journée seule avec elle.. J’appréhendais un peu car elle est assez particulière. Et bien j’avais raison d’appréhender, quelle journée !

La remarque la plus blessante (entre autre) qu’elle m’aura faite aura été hier en rentrant d’une virée dans divers villages drômois, lors d’une discussion, je me projetais en disant « quand on aura des enfants etc .. » et la seule chose que celle-ci ait trouvé à me répondre c’est « Sarah, je vais être cash mais je pense que c’est extrêmement mal engagé », vlan prends toi ca en pleine figure 10 jours après une grossesse biochimique de ma 3eme fiv signant le début de la 4ème.. Ces quelques mots ont été d’une violence inouïe, d’une gratuité… Je suis restée bouche bée, celle-ci est au courant de notre parcours, des échecs qui s’ensuivent mais aussi des espoirs que nous portons.. Et surtout ma belle mère était sage-femme.. Etant donné que ce parcours PMA est à priori uniquement le fait de mon infertilité elle estime aujourd’hui que son fils mérite mieux.. Je n’ai réussi à lui répondre que ces quelques mots « L. vous vous trompez la dessus je finirais par avoir un magnifique bébé dans les bras ». et j’ai prétexté être fatiguée pour faire une sieste/m’enfermer en pleurant et appeler ma mère.. ca aurait été quelqu’un d’autre je la mettais hors de ma vie, et c’était réglé mais la me belle mère et bien je dois faire avec..

Apres cette journée :

1. j’éviterais dorénavant au maximum de passer du temps seule avec elle, son fils n’aura qu’à s’en occuper et j’attends ce jour, qui arrivera j’en suis sur où elle viendra me voir à la maternité, et je lui renverrais le « heureusement que c’était mal engagé». .
2. Il faut ajouter que celle-ci, sans être religieuse est plutôt anti don d’ovocyte et même PMA.. J’ai eu aussi droit à des réflexions de type si vous faite appel au don, Sarah, quand même ils ne seront pas génétiquement à vous, vous êtes tous les deux des intellectuels, ils seront peut être bizarres/tordus/pas intelligent car on ne connaîtra pas la moitié de leurs gênes.. Donc j’ai acté aussi qu’au grand jamais je ne confierais, seuls, mes enfants, à leur grand mère. Quelle réflexion sera t-elle capable de leur faire ? Bref hier je pense qu’elle à beaucoup perdu et qu’elle ne s’en rend même pas compte.
3. Je ne lui parlerais/commenterais plus jamais notre parcours, tout en sachant que M. est très discret, finalement tout ce qu’elle sait c’est moi qui lui raconte.. Belle erreur de ma part, jamais je n’aurais du autant lui en parler. Mais c’est vrai que je suis extravertie, et j’ai besoin de partager les bons moments tout comme les moins bons

Je suis blessée et triste qu’elle ait eu ce type de réflexions, ce qui a été dit je l’oublierais difficilement, j’ai l’impression d’un énorme gâchis. Et surtout je culpabilise, et c’est le pire, M. aujourd’hui n’est toujours pas père… à cause de cette maudite endométriose. A cause de moi !

Fiv 3 – the end

14 DPO taux à 18

16 DPO taux à 10, arrivée des règles deux jours plus tard

Encore un échec qui signe l’arrivée d’une 4eme FIV et le renouvellement de prise en charge de 100% par la secu.

Jamais je n’aurais pensé en débutant ce parcours en arriver à une 4eme FIV.. Le 20 avril j’ai rendez-vous avec ma gynécologue pour faire le point. En toute sincérité je ne sais pas ce que je vais faire. J’hésite à tenter une quatrième Fiv, je me demande si il ne serait pas temps de partir en Fiv DO.. Ou alors tenter une denier stimulation avec un transfert uniquement si on obtient un/des blastocystes.. Beaucoup de questions sans réponse pour l’instant..

Et pour me remettre de cet échec, direction l’inde dans une dizaine de jours pour deux semaines d’une cure d’ayurveda qui me redonnera des ovules de compétition, débouchera mes trompes et fera disparaitre mon endométriose j’espère me permettra de regagner un peu de sérénité ou à défaut me permettra de revenir avec quelques kilos en moins et un bronzage parfait ! 😉

Se relever encore et encore

Je reprends le fil de ce blog abandonné en septembre dernier, je suis au bureau dans un état second. Les résultats de la prise de sang ne seront disponibles que vers midi, depuis 8h30 je rafraîchis et rafraîchis la page du laboratoire. Cela n’a aucun sens, je dois attendre mais je ne peux pas m’en empêcher. Incapable de me concentrer plus de quelques minutes, l’attente est terrible, cette fois ci je ne suis sure de rien. Pour la première Fiv et transfert, j’avais fait une teste urinaire quelque jours avant, qui s’était avéré négatif et le jour avant la prise de sang mes règles étaient arrivées. Pour ma seconde Fiv et second transfert, j’avais fait (pleins) de tests urinaire au milieu de l’attente avec, à mon sens, sur l’un deux, l’apparition très très faible d’une seconde ligne. Et puis j’avais eu pleins de « symptômes », je me sentais enceinte.. J’étais allée faire la prise de sang plutôt optimiste. L’attente n’en fut pas moins dure mais je me pensais enceinte. Pour cette 3eme Fiv bis et 3eme transfert, plus d’un an et trois mois après mon dernier transfert (le second, si vous me suivez encore ;), j’ai eu pleins de symptômes, MAIS ce transfert est bien différent car il s’agit de 2 blastocystes vitrifiés issus d’un freeze all (pas de transfert frais car progestérone trop haute). Et pour ce TEV (transfert d’embryon vitrifié), j’ai été sous traitement substitué c’est-à-dire avec de fortes doses d’œstradiol à continuer après le transfert associées à de la progestérone. Et la prise d’œstradiol a de nombreux effets indésirables qui sont les mêmes que ceux pouvant indiquer une grossesse. Cette fois ci j’ai tenu et décidé de ne faire aucune test urinaire. ET bien ce matin à 9 jours post transfert de deux blastocystes vitrifiés je n’en mène pas large. Je suis en mode 50/50. SI je ne suis pas enceinte jamais plus je ne me fierais aux symptômes, car j’ai eu des crampes fortes de l’utérus pendant quelques minutes/heures 3 jours post transfert, de vagues nausées quasi perpétuelles ayant débutées quelques jours après le transfert, une perte d’appétit, des odeurs exacerbées sur certains produits de toilettes, des seins plus ferme que d’habitude. En me relisant je trouve cette liste tellement  clichée, je me demande si tout n’a pas été induit par ce désir profond de grossesse, je m’auto crée des symptômes. 10h11, encore 2 heures à attendre, cette matinée me semble interminable. Je ne sais pas si je posterais cet article, j’ai mis du temps à avoir envie à nouveau d’écrire 6 mois après l’échec de ma première tentative de cette 3eme Fiv, soldée par un non transfert car aucun embryon n’avait tenu jusqu’au 5ème jour.

J’ai continué à vous lire, toutes, en sous-marin, à commenter certains post, rarement, mais je n’avais plus l’envie d’écrire. Mes différents échecs me pesant trop. Et c’est peut-être le post d’endolorie «  la question qui tue » qui m’a donnée envie de revenir. Je ne sais pas si cette énième tentative a marché, parfois je doute de ma capacité, la capacité de mon couple à gérer ces échecs et les nombreux rebondissements pmesques, mais je sais que je n’abandonnerais pas. Je serais mère d’une façon ou d’une autre. Avec le don d’embryon c’est 90% de probabilité que ça marche après 3 tentatives, je me raccroche à ces statistiques. Si ça ne marche pas avec mes ovocytes et bien je ferais appel au don. Évidemment souvent je me pose la question suivante, serais-je assez persévérante, assez forte pour arriver au bout de ce périple. ?. Ce long périple qui pourrait prendre fin aujourd’hui..

Taux à 18… 9 jours post transfert de deux J5 c’est tres tres bas… encore un echec.. se relever?

Quand dame nature s’acharne

Le miracle pmesque n’aura pas eu lieu. Je ne supporte plus ces échecs à répétition, ce yoyo émotionnel qu’est devenu ma vie. J’ai l’impression que je deviens instable, dépressive et bipolaire, cette infertilité se paye bien plus cher que le fait de ne pas devenir mère, comme si cela n’était pas suffisant. Ponction lundi dernier et contre tout attente, 3 ovocytes de ponctionnés, 2 matures. Après un week end de déprime, lundi je suis au septième ciel, je veux y croire. Pour une fois je défierais les statistiques, mais positivement, ce seul follicule donnera un merveilleux bébé. Mercredi, appel du laboratoire, je vous passe l’heure précédent l’appel avec une boule au ventre incapacitante. Les 2 J2 sont vivant et se développent, ils tentent la culture prolongée. Je suis optimiste, Pour mes deux premières fiv, il y avait eu plus d’ovocytes certes, mais au moins un à toujours atteint le stade de blastocyste.

Samedi, après une nuit d’insomnie (il faut croire que j’anticipais déjà inconsciemment la suite), le labo m’appelle pour me dire que pour l’instant pas de blastocystes, les embryons continuent d’évoluer mais ils attendent encore une heure et me rappellent. Une heure d’attente et d’angoisse passent, le labo à nouveau, on reporte le transfert à J6, donc ce matin. La je commence à ne plus trop y croire, je google comme jamais et commence à voir que mes chances s’amenuisent. Hier soir resto, je décide de boire un verre, je n’y crois plus du tout. Ce matin la labo confirme mes crainte, pas d’évolution , pas de transfert. Je me demande si le fait d’être si pessimiste n’influence pas tous ces échecs, je commence à me dire qu’en effet mon état d’esprit ne permet pas à cet embryon d’évoluer ou de s’accrocher. Apres une heure à pleurer et me morfondre dont 5 minutes dans les bras de M. qui lui arrive à passer à autre chose beaucoup plus rapidement je décide de prendre sur moi et de ne pas gâcher une énième journée à pleurer sur une situation dont je n’ai pas la main. Le soleil brille, je pense que je progresse et contrairement à d’autres occasions, après une heure, j’arrive à passer (je pensais en tout cas) à autre chose. C’est sans compter sur le destin, la haut ou je ne sais quelle force qui décide de me porter le dernier coup de grâce.

M. est dehors en train de bricoler, son téléphone sonne, c’est un ami à lui que nous n’avons pas vu depuis de nombreux mois. D’ailleurs plusieurs fois j’ai demandé à M. pourquoi nous n’organisions pas un diner etc et M. a esquivé. Je me décide à décrocher pour prendre de ses nouvelles. Apres 10 minutes de discussion, je lui propose que l’on dine tous les 4, le week end prochain. Et la, « ah oui c’est super, on se voit le week end prochain, surtout que j’ai une grande nouvelle à vous annoncer, D. (sa copine de 38 ans, il en a 45, il se connaissant depuis à peine 2 ans) est enceinte de 4 mois et demi. On es trop content, début octobre on saura si c’est une fille…. » Je le laisse parler, et m’effondre intérieurement. J’arrive à le féliciter, à lui dire que je suis très contente pour eux et tente de raccrocher le plus rapidement possible. Fin de l’appel et j’éclate en sanglot, d’ailleurs j’en pleure encore. Comme quoi je ne suis pas plus forte, je n’arrive toujours pas à prendre sur moi, je me sens de plus en plus diminuée, je ne sais pas comment M. reste avec moi. Infertile, hystérique, instable, égoiste. Cette fille de 38 ans, n’ayant jamais eu d’enfants, enceinte après quelques mois d’essai m’aura beaucoup plus affecté que ce non transfert. Ce sentiment me fait honte, j’ai honte, honte d’être aussi jalouse, aussi envieuse et égoïste. Est ce que cette infertilité n’est pas due au fait que dans le fond je ne suis pas une bonne personne ? Définitivement je serais pas en mesure de les retrouver pour diner. Il va falloir trouver une excuse. Je suis incapable d’être heureuse pour elle et j’ai honte de ne pas avoir honte de ressentir ça.

Quand la science demande de l’aide plus haut

Après de nombreux mois de silence, l’envie de réécrire est revenue. J’ai continué à vous suivre quasi quotidiennement mais sans jamais laissé de commentaires. Je n’ai pas d’explication très rationnelle ni même envie d’en donner parce que finalement la blogosphère c’est un espace de liberté où je m’exonère des obligations de la vie « réelle ».

Petit recap des mois précédents.

Depuis ma deuxième FIV de début 2017, s’étant conclue par une fausse couche, j’ai passé une batterie d’examens entre mars et juin de cette année. En résumé 3 hystéroscopies exploratoires et/ou opératoires qui ont permis de m’enlever un tout petit fibrome, de découvrir de l’adenomyose et de tenter d’alcooliser des kystes d’endométriose.

Depuis février 2017 j’étais sous pilule, le Lutenyl qui pour ma part m’a totalement convaincue, pas d’effets secondaires, plus de règles, plus de douleurs dues à l’endométriose, à nouveau je me suis sentie juste bien. Evidemment le seul « petit » problème c’est que sous lutenyl, vraiment très peu de chances de tomber enceinte.. 😉  Ah si cette envie dévorante, asphyxiante, obsessionnelle de devenir mère m’abandonnait, ma vie serait bien différente. Actuellement, enfin depuis déjà 2 ans, mon seul et unique but est d’enfin avoir cet enfant. Sans lui, sans elle, ma vie n’a pas de sens, je ne sais pas être heureuse, je ne m’imagine pas sans enfants. Je n’arrive pas à concevoir ma vie, sans une famille. Mes proches, famille, amis ne comprennent pas, et les histoires de couples sans enfants extrêmement heureux me sont pour une énième fois racontées et en dernier recours la thématique de l’adoption ressurgit. A chaque fois je hurle intérieurement,  toutes ces personnes, qui elles-mêmes ont des enfants ou ont choisis de ne pas en avoir, ne comprennent pas.

Peut-être qu’en effet que je suis ridicule, je devrais être plus forte, plus fataliste comme me dit mon père, parce que in fine je ne peux rien faire face à cette infertilité. Rationnellement c’est sûr que j’aimerais pouvoir profiter de la vie, d’une vie sans enfant et puis si ça vient tant mieux et sinon ce n’est pas grave. Mais j’en suis tout simplement incapable.

Donc je reprends mon récit, plus médical, de ces derniers mois, en juillet j’ai arrêté le lutenyl et débuté des injections quotidiennes de decapeptyl 0,1 mg. Le blocage n’a pas du tout fonctionné, après 3 semaines d’injections quotidiennes + 5 jours de synarel et des douleurs abdominales insoutenables, j’ai dû abandonner cette troisième tentative de FIV. Mon taux d’œstradiol était compris en 80 et 300, un kyste secrétait, rien ne fonctionnait. Après avoir tout arrêté et attendue mes règles, j’ai re débuté au 21eme jour du cycle un protocole long pour une 3eme FIV bis.

Pendant 17 jours à nouveau des injections quotidiennes de decapeptyl puis début de la stimulation, vendredi 1er septembre avec un changement de médicament. Mes deux premières FIV étaient sous Gonal F, pour cette 3eme je suis passée au Menopur, avec une dose quotidienne de 300 unités. Le contrôle, après une semaine de stimulation a eu lieu hier, et les résultats sont catastrophiques.

Sur l’ovaire droit, aucun follicule, il est rempli de kystes d’endométriose. Sur l’ovaire gauche, un « beau » (selon la sagefemme) follicule de 18mm et deux de 10 et 12 mm mais pas très beau. Taux d’œstradiol à 275. Pour moi tout était réunis pour un nouvel abandon. Et bien finalement on tente le miracle pmesque. Je déclenche ce soir après 8 jours seulement de stimulation pour ponctionner un seul potentiel ovocyte lundi et tenter la Fiv ICSI sur cet unique ovocyte. En tant que pmette confirmée, adepte d’internet, les statistiques ne me sont pas du tout favorable. Ça sent le tout pour le tout avant de faire le deuil de mon enfant génétique et de commencer à sérieusement envisager le don d’ovocyte. Maudite, maudite endométriose. Aujourd’hui je n’ai plus de larmes, mais hier a été une journée très dure. J’avoue avoir passé des heures en larme sur ces résultats. Je reconnais aussi, qu’étant pessimiste par nature je n’y crois que très peu. Arès avoir passé une après midi à googler « fiv, ponction un seul follicule » (aucun résultats, il y en a toujours au moins deux), « IVF, bad responder one follicle (encore moins de résultats car dans les pays anglo-saxons les FIV sont payantes, donc plutôt des comparatifs des couts associés à une FIV abandonnée à mi-chemin versus les couts d’une nouvelle FIV tout cela associé aux probabilités que cela fonctionne ), « fecundacion in vitro, un solo ovulo » (quelques témoignages mais aucun couronné de succès). Donc mes chances sont au plus bas, néanmoins je commencerais à y croire si lundi je ne suis pas face à une ponction blanche, si ce fameux ovocyte existe bien et arrive a été fécondé et si il arrive au stade de blastocyste alors peut être que tout n’est pas perdu. Pour l’instant, je déclencherais ce soir, et pour ce troisième déclanchement je serais détachée et loin de ressentir cet état d’excitation mêlée a de l’appréhension joyeuse que j’avais ressentie les deux premières fois. Aujourd’hui, il faudra à la science un sacré coup de pouce de là-haut pour espérer un résultat. Aujourd’hui j’aimerais croire en dieu. Aujourd’hui je pleure encore.

 

Fiv 2 – Le mot de la fin (enfin j’espère)

Tout d’abord je tenais à vous remercier, vous anonymes, compagnes de galères passées, présentes ou futures, pour tous vos messages de soutien pendant ces derniers jours. Grace à vous je me suis sentie nettement moins seule, alors merci, merci du fond du cœur!

Je suis sortie hier soir après trois jours d’hospitalisation. Donc en résumé et comme j’ai eu la grande chance de tout pouvoir tester en une seule fois, ci-dessous le résumé de ces derniers jours. (il manque à mon actif, je me dois de le reconnaitre la GEU mais peut être que DN ne m’oubliera à nouveau pas dans le futur pour compléter ce test ;))

Vendredi : fausse couche naturelle et spontanée (que j’anticipais grâce au suivi PMA et à des taux qui  n‘augmentaient plus). Moment extrêmement glamour et facilement gérable d’expulsion de mon adorée embryon dans les toilettes sur mon lieu de travail.

Dimanche : hospitalisée en urgence pour une endométrite. Selon ma gyneco ce type d’infection est très rare dans le cas d’une fausse couche précoce et naturelle, mais elle doit oublier que je suis déjà dans la minorité de minorité..

Lundi : en fait vendredi DN n’a pas totalement fait son travail, expulsion partielle, il reste une poche dans l’utérus. Je dois prendre du cytotec 2 fois 2 comprimés à 2 heures d’intervalles. A part des crampes énormes et une turista digne d’un voyage en Somalie (j’espère ne pas avoir de lecteurs somaliens, sinon je m’excuse d’avance) où j’aurais bu de l’eau du robinet, le cytotec a stoppé mes saignements.

Mardi : curetage sous AG, et c’est finalement « ce que j’ai préféré » car je n’ai rien sentie, je ne saigne plus, tout a été aspiré. En fait après 3 AG en 8 mois je commence à apprécier le moment où je m’endors. Je m’inquiète sur ma santé mentale, j’aime les anesthésies générales…

Sortie de l’hôpital à 18h avec une semaine d’antibiotiques à poursuivre à la maison !!!

J’espère que ce retour à la maison sonne réellement le clap de fin à cette deuxième fiv.

Le point positif que j’en retire et je vais peut-être en choquer certaines, c’est que finalement grâce à ces problèmes physiques, niveau moral ça a été beaucoup plus facile. J’ai vraiment fait le deuil de ce bébé. J’en ai tellement bavé, que je n’avais qu’une envie c’était que cela se finisse et de reprendre une vie normale. Donc les quelques mois d’attente avant une prochaine Fiv ne seront pas une torture, loin de là, mais un soulagement. J’ai besoin de sortir de la PMA, ne plus trop y penser pendant quelques temps. Vacances réservée ce matin en mars dans un pays non conseillé pour les PB, mutation sur un nouveau poste en cours qui impliquera un déménagement donc un changement de centre de pma, dans une ville encore plus petite (si vous connaissez des pmettes suivies sur Valence, je suis preneuse de leurs avis..)

Je donnerais moins de nouvelles ces prochains mois, et j’espère revenir dans la sphère PMA au printemps, avec l’envie de recommencer, envie qui aujourd’hui m’a, provisoirement, abandonnée.

2017, une année qui commençait si bien..  

Ce post rédigé (excusez les fautes de frappes)  depuis mon téléphone portable  car je suis hospitalisée depuis hier.. Cette fiv 2 aura été celle de tous les espoirs mais aussi de difficultés in crescendo.. vendredi j’ai expulsé l’embryon dans les toilettes du bureau, moment finalement beaucoup plus difficile que ce que j’imaginais. Je savais depuis dix jours que la grossesse s’était arrêtée mais voir un amas de la taille de mon poing sortir m’a beaucoup affecté. Crise de larmes enfermée dans mon bureau, lunettes de soleil, je ressors et préviens que je rentre chez moi. Après quelques heures de repos le deuil commence à se faire, lundi rendez vous avec la gyneco et je me projetais déjà dans la suite.

Ahhh quelle naïveté, samedi vers 16h j’ai commencé à avoir beaucoup de fièvre, mes parents sont à l’étranger, M également, j’appelle SOS médecin qui ne sais pas trop quoi me dire.. dimanche matin le médecin de SOS me rappelle (je ne pensais pas qu’ils avaient une telle conscience professionnelle) et me dis que si j’ai toujours de la fièvre d’aller aux urgences. À 8h du matin, taxi car je ne sais pas qui appeler, pour l’hôpital, après deux heures d’attente et quelques prises de sang grosse infection. Infection qui serait peut être due à l’utilisation de tampax. Donc moi je ne le savais pas mais lorsqu’on fait une fausse couche pas de bain, ni de tampax et ni de relation pendant 15 jours.. moi j’étais ko sur bain et tampax..

Me voilà depuis hier hospitalisée, super seule, et ce matin suite écho j’apprends que j’ai fait une rétention donc il faudra une aspiration de ce qu’il reste plus cyotec mais tout ça quand l’infection sera passée..et nouveau kyste d’endométriose de 6 cm..  donc date de sortie non déterminée, je vois s’éloigner de plus en plus ce fameux bebe.. j’espère que la prochaine fois que je serais hospitalisée ce sera à la maternité..

Bref cet embryon aura été bien tordu jusqu’au bout!;)